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UN TOUR DU JOUR
EN 80 MONDES

Pour rester impeccable des pieds à la tête, sur n’importe quel fuseau horaire, Aesop a créé des coffrets de voyage au doux parfum d’ailleurs.

Un jour, nous voyagerons autour de notre chambre. Ou de notre salle de bains. On fermera les yeux et dans la demi-seconde, nous aurons posé le pied à Vienne. Ou à São Paolo. C’est sans doute ce qu’ont dû imaginer les penseurs de la maison Aesop en pondant deux petits «nécessaires de voyage» baptisés du nom de ces deux villes.

Après tout, le voyage est tactile : les mains sur une rampe d’escalier, les pieds dans le sable. Dans cette confusion des sens savamment désorganisée, la tête est à l’envers. En joyeuse déroute. Les yeux dévissent, les oreilles se perdent. Et dans ce désordre soyeux, la peau ne demande qu’à participer. Plus que jamais, on prend soin d’elle. On l’écoute, l’expose, la protège du sel, du soleil, des vents incisifs. Jamais dans l’année, on ne pense autant à soi. Mieux encore, un travail de mémoire inédit s’active. Nous mémorisons des sons, des musiques, des odeurs. Et les rattachons à un lieu. Des senteurs de figuier, le cliquetis des clés de la villa, l’odeur du riz. 

Dans ces coffrets souples au noir satiné s’ouvre une danse rien que pour soi, un slow dans ses propres bras. Embarquons-nous dans celui de Vienne. Nous serons normaux et secs. De peau s’entend. Êtes-vous prêt(e) ? Les yeux fermés, les mains tendues : shampoing classique, après-shampoing nourrissant. Jusque-là, tout va bien. La tête est claire. Gel nettoyant à la feuille de géranium pour le corps et son baume de la même feuille pulsé par des touches d’agrumes. Également dans le même nécessaire de voyage, un gel nettoyant annoncé comme «fabuleux». Normal, c’est pour le visage et c’est ainsi que nous retrouvons une touche de feuille d’aloe et thé vert. Dans cette même logique, on peut embrayer presque avec avidité par un toner équilibrant pour apaiser la peau ; une crème hydratante à la noix de camélia, toujours pour le visage. Et puisque s’y trouve le bocal buccal : bain de bouche (anis, clou de girofle, menthe verte) et dentifrice pour se muscler les avant-bras.

L’embarquement pour São Paolo procède de la même trousse en microfibres. Même dimension égoïste avec toutefois des notes différentes (la graine de persil). Pour le reste, même alignement des fameux petits flacons (15 ml, 50 ml). Et cet appel à n’en faire qu’à notre tête. Finalement les meilleurs voyages sont ceux que nous ne ferons pas. Ils flottent dans nos songes. Se glissent sur la peau.

Remerciements : hôtel The Hoxton, Paris

minaudière

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