Pierre Deladonchamps, mode, vêtements

Pierre
Deladonchamps

&
son sac
à dos
gris foncé

Veste de travail 3 poches en laine marine Le Mont Saint Michel
Pull en cachemire noir Bottega Veneta
Pantalon en twill de laine anthracite et mocassins Twister en cuir noir Boss
Chaussettes en laine grise Intimissimi
Sac week-end Gaspard en cuir marine et sac à dos Hugo en toile et cuir encre Le Tanneur
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Veste longue en denim imprimé noir sur noir Prada
Chemise en popeline blanche rayée gris Boss
Col roulé en cachemire noir Prada
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Manteau en veau glacé caramel doublé en toile de coton gris clair Berluti
Pull en cachemire torsadé gris clair Ralph Lauren Purple Label
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Manteau 4 boutons en techno twill de laine vert militaire Lanvin
Pull en cachemire écru Carnet de Vol Pantalon en laine chinée gris et bleu marine Azzaro Chaussettes en laine bleu marine Intimissimi Bottes à crochets en cuir noir Ermenegildo Zegna Monture solaire Kitsilano HVRD en acétate marron Etnia Barcelona
Sac bowling Ikon en toile enduite et cuir noir Lancaster
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Manteau zippé en laine pied-de-poule bleu et gris Louis Vuitton Chemise en coton et lin rose pâle Oliver Spencer Pantalon en laine stretch bleu marine Cerruti 1881 Chaussettes en laine grise Intimissimi
Derbys Colin en cuir marron Santoni
Sacoche Heritage Messenger en cuir grainé marron Mulberry Sac de voyage Renaissance 45 cm en cuir marron Gérard Hénon Grande valise Alzer 55 et petite valise Cotteville 45 en cuir marron et toile Monogram Louis Vuitton Sac de voyage 1795 en cuir cognac La Bagagerie
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Chemise en gabardine de laine fluide vert d’algue et polo en mérinos côtelé bleu marine et rouge Salvatore Ferragamo
Pantalon en laine pied-de-poule anthracite et noir Ralph Lauren Purple Label
Pierre Deladonchamps, mode, vêtements
Manteau croisé à carreaux en cachemire gris foncé Brunello Cucinelli Pantalon BZV3 en laine gris clair Bernard Zins Bottes à crochets en cuir noir Ermenegildo Zegna
Sac polochon Ashton en cuir Lenox noir Tumi

Voguant d’un rôle à l’autre, d’une ville à l’autre, Pierre Deladonchamps est un voyageur singulier. Bagages en main, l’acteur se pique au jeu de la mode le temps d’une balade intimiste sur les côtes normandes.

Ça tombe bien. Lorsque Pierre Deladonchamps décroche le téléphone, il est en train de faire sa valise. Au début, c’est toujours bizarre de ne pas voir son interlocuteur. Il manque une image. Mais tout en même temps se superposent celles de ses films : L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie (César du meilleur espoir masculin 2014), Le Fils de Jean de Philippe Lioret (nommé au César du meilleur acteur 2017 pour son rôle de Mathieu), Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré (2018).

Une voix s’interpose. Elle nourrit plus l’imaginaire qu’une enveloppe corporelle. Sa voix ressemble, dit-il, à celle de son père. Elle s’est sans doute enrichie aussi des rôles traversés. Les scansions, les dentales, les nasales. Les basses surtout qui en fait, reconnaît-il, une belle voix radiophonique : «À force de me l’entendre dire, j’ai fini par l’aimer. À en goûter le grain. Elle a évolué depuis plusieurs années. J’ai appris à jouer avec le débit, le souffle. Elle peut être aérienne, plus terrienne aussi.»

La voix porte un rôle, mais pour autant Pierre Deladonchamps ne s’emmêle pas les pinceaux. Les personnages, c’est une chose, mais pas question qu’il bascule dans une schizophrénie : «On ne va pas s’approprier les traits d’un personnage. C’est plutôt l’inverse, on pioche dans sa propre vie.» De tous les personnages, c’est sans doute celui du Fils de Jean qui l’a marqué : «Je me retrouve beaucoup dans ce Mathieu. Il trouve en moi des résonances fortes.» Il a tant aimé tourner ce film que lorsque celui-ci fut terminé, la production lui fit un cadeau. «C’était, se souvient-il, un sac à dos tout simple, gris. Gris foncé. Depuis, il ne me quitte plus. J’y mets tout. C’est sans doute pareil avec le sac à main des femmes. J’y glisse mon passeport, un livre, de la musique, des bricoles.»

Ce sac à dos appartient à la famille de ses bagages. Ils sont au nombre de huit. Cela va de la grosse valise pour de longs tournages au sac en bandoulière, en passant par les valises cabine. Dedans, le plus souvent, outre les vêtements, un casque sans fil et une petite enceinte portable. Des livres dévorés : Le Grand Cahier d’Agota Kristov et La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker ; Pierre Lemaitre. «Je lis beaucoup Amélie Nothomb, parce que j’aime la simplicité de son écriture. Je l’avais rencontrée lorsque j’étais étudiant à Nancy. Elle était venue et j’avais tout de suite aimé ce personnage insondable, baroque et fantasque. Au cours d’une conférence je m’étais permis de l’interpeller alors qu’elle nous demandait ce que nous venions chercher en elle. Je lui avais retourné la question : et vous, que venez-vous chercher en nous ?»

Pierre affectionne l’automobile. «Elle me donne l’impression de liberté, de sécurité. Je sais que là où je vais, j’ai mes repères. J’ai le sentiment qu’il ne peut rien m’arriver.» Il conduit une voiture hybride rechargeable, une Audi A3. Part parfois longuement avec sa fille de 8 ans, Léonie. Le dernier voyage les enchanta tous les deux. Rejoindre la Catalogne puis l’Italie. Munis de chips, de soda, d’eau pétillante. Et de musiques de variété années 1960, notamment des Surfs, groupe malgache de 6 frères et sœurs, issus d’une fratrie de 12 enfants, affichant une taille moyenne de 1,48 m et reprenant les grands hits de la Tamla Motown.

Parfois, son métier d’acteur l’emporte tout au loin. Taïwan, et Tokyo où il séjourna un mois et demi pour un blockbuster japonais : «Ce fut fascinant. J’ai alors réalisé combien j’étais heureux d’être Européen, fier de la culture latine de mon pays, baigné d’indépendance et de sens critique.» Pierre Deladonchamps habite Nancy. Tenta bien de vivre à Paris, qu’il trouva non sans raison «pollué et stressant», et qu’il apprécie plus depuis qu’il est retourné vivre en Lorraine auprès de sa fille : «Je m’y construis et c’est là que je revis.» Pierre Deladonchamps accompagne actuellement la sortie de 3 films : Photo de famille (le 5 septembre), avec Vanessa Paradis, Camille Cottin ; Les Chatouilles (le 26 septembre), avec Karin Viard, Clovis Cornillac et plus tard Le Vent tourne, avec Mélanie Thierry, Nuno Lopes.

Il est grand temps de raccrocher, non sans toutefois lui demander quelle est son image manquante à lui : «Celle de mon frère, répond-il par sms, disparu à l’âge de 26 ans ; le père constituant plutôt une figure manquante.» C’est aussi cela, la force des mots.

Assistant photo Clément Barzucchetti
Opérateur digital Clara Girbal/Sheriff
Groomer Stéphanie Farouze/Artists Unit

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Stéphanie Anspach