La minaudière,
professeur de maintien

Pièce maîtresse des élégantes, ce sac-coffret vit un retour en grâce. Chez Renaud Pellegrino, de nouvelles créations parées de mosaïques racontent d’infinis rivages.

Lui, c’est Renaud Pellegrino. Depuis 1983, il réalise des sacs. Il a travaillé pour les grandes maisons : Dior, Givenchy, Ungaro et surtout Yves Saint Laurent, pour qui il créa le sac Cardinal. Il s’est glissé dans la vie parisienne, entouré de femmes élégantes, en des soirées sans fin et ce merveilleux superficiel que constitue la mode. Autant dire que lorsque Renaud Pellegrino se rapproche de l’essentiel, c’est-à-dire l’accessoire, il a plus d’une idée derrière la tête. Celle-ci s’est toujours nourrie de lumières, celle de son enfance cannoise en particulier. C’est ainsi qu’il a vite trouvé une complicité avec le créateur mosaïste tunisien Farouk Nasraoui. De ses ateliers situés au-dessus de la baie de Tunis, celui-ci a probablement piégé cette lumière absolue pour la redé-poser dans les micromosaïques des minaudières de Renaud Pellegrino. Ces sacs-coffrets appartiennent à la lignée des objets qui vous inspirent un maintien parfait. Comme un tapis rouge qui inclinerait à une démarche, une posture graphique. On redresse le corps, comme si l’on voulait rejoindre les reines de ce monde. Rien à voir avec le sac bandoulière et son port malaisé, encore moins avec ceux portés sur le devant (no comment). Juste quelques objets s’y glissent (le téléphone portable ira dans la poche du compagnon), car ces instants qu’accompagnent ses créations uniques se veulent débarrassés de tout. Juste «ça». Et le monde à ses pieds.

Phantom

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Un Phantom
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