Les créateurs dans l’atelier bruxellois de François Schuiten.

Paris-bulle

Case tirée du tome 2 de Revoir Paris, publié en octobre.

Case tirée du tome 2 de Revoir Paris, publié en octobre.

Les créateurs dans l’atelier bruxellois de François Schuiten.

Les créateurs dans l’atelier bruxellois de François Schuiten.

Les créateurs dans l’atelier bruxellois de François Schuiten.

Les créateurs dans l’atelier bruxellois de François Schuiten.

Locomotive 232 R Baltic et son tender (1946-1949), et moteur à vapeur pour bateau (1855), présentés dans l’exposition Machines à dessiner.

Locomotive 232 R Baltic et son tender (1946-1949), et moteur à vapeur pour bateau (1855), présentés dans l’exposition Machines à dessiner.

Locomotive 232 R Baltic et son tender (1946-1949), et moteur à vapeur pour bateau (1855), présentés dans l’exposition Machines à dessiner.

R comme reflet La règle, ici, pour que le roman s’invente : qu’un mot en reflète un autre et qu’il en brouille le contour. De billard à pillard1, le reflet trace la route.

1. Dans Comment j’ai écrit certains de mes livres, on apprend que c’est la transformation d’une première phrase, «les lettres du blanc sur les bandes du billard» en cette autre «les lettres du blanc sur les bandes du pillard», qui a produit le roman Impressions d’Afrique.

R as in reflection A ground rule for constructing the novel: each word always has to reflect another, blurring the contours. From billard to pillard,1 the mirror effect paves the way.

1. In Roussel’s How I Wrote Certain of My Books, we learn that the novel Impressions of Africa is based on the transformation of the opening phrase“les lettres du blanc sur les bandes du billard” into this other one“les lettres du blanc sur les bandes du pillard.”

Auteurs de BD, François Schuiten et Benoît Peeters investissent les Arts et Métiers, tout en projetant Paris, dans leur dernier ouvrage, vers un futur iconoclaste et poétique.

Paris, cette «capitale du désir», Benoît Peeters et François Schuiten la connaissent très bien. Le premier y est né, l’autre – Bruxellois d’origine – s’y est rapidement rendu afin de publier ses premières histoires de bande dessinée. Dans Revoir Paris, beau diptyque de science-fiction onirique, les deux auteurs s’amusent à la réinventer en mêlant utopies et réalités architecturales. «Notre but n’est pas de donner une image crédible de ce que sera Paris en 2156. C’est une rêverie d’aujourd’hui», explique Benoît Peeters. Pour le décor de leur récit, ils se sont ainsi livrés à un subtil jeu de reconstruction : ils ont «haussmannisé» un quartier, en ont escamoté un autre dont, selon eux, la «fausse modernité» dénotait, à côté de celle du Centre Pompidou. En suivant les déambulations de leur héroïne, Kârinh, qui n’a connu Paris que dans les livres, nous découvrons la cité comme jamais nous ne l’avons vue : placée sous un dôme, telle une île futuriste et bénéficiant d’un climat parfait. On peut même se baigner dans la Seine ! «C’est une ville-icône à la Doisneau, comme mise en scène pour le cinéma», précise François Schuiten. À l’intérieur de ce paradis pour visiteurs imaginé avec malice et un peu d’ironie, une place de choix a été réservée au musée des Arts et Métiers. S’il figure dans la fiction, c’est parce que les auteurs éprouvent un attachement de longue date pour ce site et ses machines volantes. En 1994, Schuiten et Peeters ont d’ailleurs repensé la station de métro toute proche, dans le 3e arrondissement. En la recouvrant de plaques de cuivre, ils lui ont donné un aspect évoquant le Nautilus, le gigantesque sous-marin cylindrique imaginé par Jules Verne dans son roman Vingt mille lieues sous les mers. Pour le plaisir de prolonger le 2e volet de Revoir Paris, le tandem a conçu en parallèle une exposition étonnante, accueillie en toute logique par le musée des Arts et Métiers... Intitulée Machines à dessiner, elle rassemble des moteurs à vapeur, des astrolabes et télescopes empruntés à l’instrumentation scientifique. «Nous nous sommes laissés guider par des machines peu exposées d’habitude, explique Benoît Peeters. Sorties de leur contexte, quand on les esthétise un peu, elles semblent se métamorphoser en sculptures.»

REVOIR PARIS. LA NUIT DES CONSTELLATIONS

À paraître le 26.10.
Éditions Casterman.

MACHINES À DESSINER

Du 25.10 au 26.02. 60, rue Réaumur.

Tél. +33 (0)1 53 01 82 00.

www.arts-et-metiers.net

© François Schuiten et Benoît Peeters - Vladimir Peeters - Musée des Arts et Métiers-CNAM. Photo : Hélène Mauri

Agenda

L’Odyssée de Jérôme Salle et L’Avenir de Mia Hansen-Løve, deux des films présentés cette année au festival.

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