Le onsen de Tsurunoyu, Japon

Le conteur
des heures

Le onsen de Tsurunoyu, Japon

Steve McCurry, aqueduc de Padre Tembleque, Mexique.

Steve McCurry, aqueduc de Padre Tembleque, Mexique.

Le puits Chand Baori, Inde.

Le puits Chand Baori, Inde.

Montre Overseas, Vacheron Constantin.

Montre Overseas, Vacheron Constantin.

Overseas watch, Vacheron Constantin.

Overseas watch, Vacheron Constantin.

Grand Bouddha de Leshan, Chine.

Grand Bouddha de Leshan, Chine.

Grand Central Station, la gare de New York, États-Unis.

Grand Central Station, la gare de New York, États-Unis.

Photographe arpenteur, Steve McCurry prête son regard à l’horloger Vacheron Constantin, le temps d’un tour de cadran. Pour raconter la nouvelle collection Overseas, il égrène les images et expose l’instant, saisi entre les lignes des paysages façonnés par l’homme.

L’homme photographiant se définit par son regard. Son regard modelé, à l’aune de son propre sujet d’étude. Car la photographie a ceci de troublant, elle entremêle les périmètres – celui de l’image, celui de l’être qui la crée. L’intérieur ou l’extérieur, le portrait ou l’horizon, le flash ou le jour, le coin de la rue ou le bout du monde. Et c’est ce bout du monde qu’a choisi l’Américain Steve McCurry pour décrire l’âme des hommes. Est-il alors photographe en voyage ou voyageur photographe ? On ne sait. Son destin est en tout cas intimement tressé aux cheminements de son regard. Depuis près de quarante ans, ses images tapissent les pans de notre iconographie commune, à commencer par la jeune fille afghane, dont les yeux verts ont marqué la une du National Geographic, en 1985.

Ce temps en perpétuel mouvement a inspiré un projet inédit à Vacheron Constantin, sous la houlette de son président Juan-Carlos Torres, féru de photographie : la manufacture horlogère s’est souvenue qu’elle avait été l’une des premières à exporter ses créations dans le monde, au début du XIXe siècle. Aussi, pour accompagner la nouvelle collection Overseas, a-t-elle invité McCurry à tracer sa propre cartographie des heures. Des clichés réalisés dans 12 lieux différents, des murs de la manufacture, en Suisse, aux escaliers labyrinthiques de Chand Baori (Inde), en passant par l’aqueduc de Padre Tembleque (Mexique) ou le crépitement gelé des neiges de Tsurunoyu (Japon). Le temps se dévoile alors… et prend son envol.

Pour ce projet, vous avez établi une feuille de route très précise. Pourquoi sillonner le globe pour se faire l’écho d’une collection horlogère ?

Le terme «monde» était au cœur de ma pensée. Je voulais réfléchir à la façon dont nous pouvons «passer» notre temps. Et l’une des réponses à cette question consiste à «voir» autour de nous. Vivre de nouvelles expériences, découvrir des cultures différentes, tenter de les comprendre, se découvrir soi-même. J’ai eu envie de célébrer ce monde à travers les voyages qu’il nous propose de réaliser.

Éthiopie, Écosse, Inde… Comment avez-vous déterminé ces lieux ?

Le plus important pour moi était de parler des femmes et des hommes qui cons-truisent le monde. Les lieux choisis sont donc traversés de structures, d’architectures et de défis, dressés par l’humanité.

Comme un écho au travail des horlogers ?

En filigrane, oui. Mais je n’ai pas cherché à faire des parallèles forcés entre les éléments mécaniques de la montre et les structures photographiées. Il n’y a pas de «pont» qui fasse écho aux «ponts» présents dans le mécanisme horloger, par exemple. Le lien entre les réalisations des horlogers et ces photographies tient avant tout à la présence de l’humain. C’est même la colonne vertébrale de mon travail : les gens ont toujours été au cœur de mon propos. Je saisis parfois un animal, une fleur, mais je reviens à chaque fois à l’être humain.

Ce qui nous conduit logiquement au premier lieu que vous avez choisi de photographier…

Oui… La manufacture ! C’est le socle du sujet. Et le premier atelier horloger que je visite. J’ai été frappé par l’idée fondamentale qui l’anime : tout mettre en œuvre pour que le cœur de l’objet – que personne ou presque ne voit – soit le plus beau possible. On soigne le caché. Mais j’ai observé ce lieu à travers mon prisme professionnel, à la recherche des fonds, de la lumière… Je crois qu’on ne relâche jamais vraiment son regard dans ce métier.

Difficile, pourtant, d’imaginer un photographe baroudeur comme vous s’intéresser aux belles montres…

Et pourtant ! J’en ai quelques-unes ! J’en ai utilisé toute ma vie. Depuis mes premiers voyages, à 19 ans. Vous n’imaginez pas combien la précision est capitale dans mon métier. Et puis, évidemment, la dimension esthétique de l’objet me séduit. L’élégance est un élément essentiel de l’équation. Les vêtements que nous portons, la voiture que nous conduisons, la décoration de nos maisons… sont autant de détails qui nous permettent de nous sentir bien avec nous-mêmes. Les montres aussi. J’ai donc quelques belles pièces, je l’avoue…

D’un point de vue artistique, en quoi ce projet prolonge-t-il votre propre travail ?

En me fournissant un cadre très défini, il m’amène en réalité à pousser les limites de ma créativité. Il me faut me réinventer moi-même, me faire un peu violence pour «faire du Steve McCurry» tout en me renouvelant. C’est une expérience personnelle vraiment intéressante.

Le temps s’écoule, alors que la photographie fige l’instant dans une forme d’éternité. Comment peut-on «photographier le temps» ?

Je ne saurais vous répondre. Très sincèrement, je n’y pense pas. Et pour ce projet, je n’y pense pas plus. Ces images sont des métaphores du temps et non des illustrations purement figuratives. Une photographie est la réunion chanceuse de plusieurs facteurs à un instant T : la bonne lumière, le bon moment, la bonne composition. Si je fais deux à trois photographies réussies en une journée, je considère que c’est une journée de travail accomplie. L’attente est au cœur même de mon travail… Peut-être est-ce aussi cela, photographier le temps : l’abstraction de l’attente.

Quelle est votre part d’improvisation ?

D’ordinaire, mon travail est très spontané. Je ne planifie rien. Les choses peuvent se déclencher très très vite. Pour ce projet, les choses sont un peu moins improvisées que d’habitude. À commencer par les lieux choisis, qui sont très précisément identifiés en amont.

Les saisons semblent faire partie intégrante de votre approche photographique. Est-ce une façon de donner des clés de lecture temporelles ?

Je dois avouer que je n’ai jamais composé mes images en fonction des saisons de façon intentionnelle. Si je le fais, c’est inconscient.

Poursuivez-vous votre propre travail, parallèlement à ce projet ?

Oui. La cadence des voyages est très élevée ! Mes voyages personnels sont moins balisés, et nécessitent donc plus de temps sur place. J’ai l’impression en ce moment de vivre dans un avion.

 

STEVE MCCURRY À PARIS

Boutiques Vacheron Constantin Du 16 août au 21 septembre.
2, rue de la Paix et
40, bd Haussmann (Galeries Lafayette).

AD Intérieurs
Du 3 au 18 septembre.
Hôtel de la Monnaie, 11, quai de Conti.

Salon Les Montres Du 21 au 24 septembre. Place Saint-Germain-des-Prés.

© Steve McCurry / Vacheron Constantin

Agenda

Boutiques Vacheron Constantin

Du 16 août au 21 septembre.
2, rue de la Paix et 40, bd Haussmann (Galeries Lafayette).

AD Intérieurs

Du 3 au 18 septembre.
Hôtel de la Monnaie, 11, quai de Conti.

Salon Les Montres

Du 21 au 24 septembre.
Place Saint-Germain-des-Prés.

Pyramide du Louvre, 1er arr.

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