Centre de dressage d’Aubenhausen, en Bavière.

L’accord
parfait

Centre de dressage d’Aubenhausen, en Bavière.

Écuries, carrière d’entraînementet prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

M comme miniature Des miniatures à côté des miroirs, des minarets, les mêmes que dans la ville mais moindres1, les merveilles du monde dans une maison de maître2. Images au mur, ou mirages sur la mer ; masques, têtes de pierre ou cires anatomiques : des machines à songes. En un moment, l’œil ému mêle les mondes. Et rien ne manque à ces paysages minuscules3, pas même le myrte au parfum de musc.

1. À Palerme, on admirera la belle église San Cataldo. 2. Tel le Palazzo Serra di Cassano de Naples. 3. Certains lieux transportent les visiteurs dans des mondes en réduction, décors de tapisserie, paysages imaginaires : à Naples, l’hôpital des Incurables et son musée d’histoire de la médecine ; à Palerme, la Palazzina Cinese, dans le Parco della Favorita.

M as in miniature Miniatures next to mirrors, minarets, the same ones as in the city but smaller,1 the marvels of the macrocosm in a manor house.2 Images on the wall, or maritime mirages; masks, stone heads or wax anatomical models: dream machines. In a moment, the eye is moved, as it mixes and matches worlds. And nothing is missing in these mini-landscapes, not even the myrtle with its musky scent.3

1. The lovely church of San Cataldo can be admired in Palermo. 2. Like the Palazzo Serra di Cassano in Naples. 3. Certain places whisk visitors away into miniature worlds, tapestry motifs, imaginary landscapes: in Naples, the Ospedale degli Incurabili (Hospital for the Incurables) and its Museo delle Arti Sanitarie, a museum of the history of medicine; in Palermo, the Palazzina Cinese, in the Parco della Favorita.

Écuries, carrière d’entraînementet prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Écuries, carrière d’entraînementet prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Écuries, carrière d’entraînementet prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Écuries, carrière d’entraînementet prairies du centre de dressage d’Aubenhausen, appartenant à la famille Werndl.

Occupant le 5e rang mondial en dressage, Jessica von Bredow-Werndl est partenaire de la maison Hermès. Ici avec sa jument Zaire.

Occupant le 5e rang mondial en dressage, Jessica von Bredow-Werndl est partenaire de la maison Hermès. Ici avec sa jument Zaire.

La selle Arpège, conçue par le maître sellier Laurent Goblet.

La selle Arpège, conçue par le maître sellier Laurent Goblet.

Jessica vonBredow-Werndl dans le grand manège, où elle prépare ses compétitions.

Jessica von Bredow-Werndl dans le grand manège, où elle prépare ses compétitions.

À quoi tient la beauté d’un arpège ? À l’harmonie de ses notes. Sans doute la maison Hermès pensait-elle à cet équilibre en créant sa nouvelle selle de dressage, Arpège. Quand l’élégance et l’extrême technicité resserrent le lien si particulier entre le cavalier et le cheval.

Elle est là, un peu en retrait dans la grande salle. Gainée de cuir noir et surpiquée de rouge. Élégante et sobre. C’est Arpège, la nouvelle selle de dressage conçue par la maison Hermès. Elle fait son entrée officielle dans l’équitation, présentée au domaine d’Aubenhausen, en Bavière, par son créateur Laurent Goblet et la cavalière allemande Jessica von Bredow-Werndl. C’est notamment pour elle, avec son regard et ses conseils, que le maître sellier a réalisé cette nouvelle selle, quinze ans après Corlandus, qui faisait référence en dressage chez Hermès.

Quel fabuleux destin que celui d’Arpège. Il aura fallu plus d’un an et demi à Laurent Goblet pour concevoir seul et à la main le modèle de cette merveille. Soit de longs mois de réflexion, d’essais, nombre d’allers-retours entre l’atelier parisien du 24-Faubourg et Aubenhausen, où s’entraîne Jessica von Bredow-Werndl. Infiniment de patience donc pour que ce chef-d’œuvre prenne toute sa dimension au contact du cavalier et de son cheval.

Car une selle de dressage n’est pas comme les autres. C’est le lien qui relie l’homme à l’animal, se fait l’outil de leur connivence au moment où tous deux entrent en scène pour la compétition. Le cheval enchaîne alors les «airs», ces figures que lui ordonne son cavalier dans une chorégraphie qui emprunte sa grâce et sa légèreté à la danse. Le dressage a la particularité d’être une discipline tenant plus de l’art équestre que du sport olympique où, comme par magie, les deux protagonistes sont en parfaite symbiose dans chaque mouvement. On pourrait se dire qu’une telle harmonie naît d’une étrange télépathie. Mais il n’en est rien. S’il y a de la magie, elle réside dans les années d’entente et la perfection de la selle qui, par son ergonomie, sa technicité et son confort, permet au cavalier de communiquer avec son cheval d’une imperceptible impulsion du bassin ou de la jambe. Le spectateur, lui, ne voit rien de tout cela, il admire juste la grâce du geste.

De l’artisan à l’art équestre

Ne rien rompre de cette belle harmonie. Quel défi pour le maître sellier dont les doigts d’or dessinent les lignes, la courbe du siège, celle des taquets qui maintiennent les jambes et les genoux. C’est aussi lui qui ponce le bois jusqu’à trouver l’angle juste d’inclinaison de l’arçon, cette précieuse armature de la selle qui lui donne sa forme et maintient l’assise du cavalier dans le bon axe. Une prouesse même si ces doigts sont ceux d’un artisan qui œuvre depuis quarante ans au sein d’Hermès. Car un cavalier de très haut niveau ne change pas aisément de selle. Il sait que la moindre modification de son assise, de son confort, peut tout bouleverser, depuis le comportement du cheval jusqu’à leur complicité à tous deux. Aussi, convaincre une championne telle que Jessica von Bredow-Werndl, chef de file du dressage allemand et 5e au niveau mondial, lui offrir de lui concevoir une nouvelle selle, aussi belle et sur mesure soit-elle, tout cela tient d’une véritable gageure. D’autant que l’Allemagne excelle dans l’art du dressage aussi bien que dans la sellerie… Et puis, rien ne compte plus pour la cavalière que le bien-être de ses chevaux, qu’elle entraîne jour après jour et sélectionne pour les compétitions. Chacun a son tempérament, son histoire. Il y a Unee BB, l’étalon de 15 ans, showman de l’écurie à l’intelligence inouïe. Lui n’hésite pas à sortir de son box pour venir saluer un à un les visiteurs et puis à reprendre ses quartiers en tournant brusquement le dos à l’assemblée, montrant sa croupe et passant la tête par la fenêtre du box en guise de salut. Du jamais-vu. Non loin, c’est la douce Zaire, jument de 12 ans qui regarde si intensément le sol, concentrée et consciencieuse à l’extrême pour exécuter les figures avec toute la justesse qu’elle peut offrir.

Anatomie d’une création

Autant de tempéraments mais aussi de morphologies que Laurent Goblet intègre dans la conception de la selle. Quand il doit repenser les formes de l’arçon qu’il avait au départ imaginé pour que celui-ci offre plus de stabilité et d’assise. Il scannera le dos du cheval pour prendre ses mesures avec l’Equiscan, un bijou de haute technologie, puis poncera lui-même le bois de hêtre jusqu’à obtenir la courbe idéale. Il suffit parfois de quelques degrés pour que tout change. Six mois de travail uniquement sur l’arçon sont nécessaires pour lui offrir sa perfection. Il y a aussi les quartiers contre le flanc du cheval. Leur arrondi doit être étudié pour bien libérer l’épaule de l’animal. Ses mouvements seront alors plus amples et plus souples. Chaque détail compte. Le choix ou non d’une couture pour que le cuir, toujours de vache et de veau, tienne bien en place. Chez Hermès, l’esthétique se doit d’être fonctionnelle. Le petit plus qui fait juste joli n’a pas droit de cité, aussi menu soit-il. Voilà. Arpège est prête. Le maître sellier passe la main sur son pommeau, le cuir doux lui rend la caresse. Le modèle de la selle sera adapté sur mesure à chaque cheval de la cavalière allemande. Grâce à Arpège, Zaire a déjà gagné en confiance, elle est prête pour les plus hautes compétitions.

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