Christelle Kocher

Christelle Kocher

Modèles couture-à-porter des collections Koché automne-hiver et été.

Modèles couture-à-porter des collections Koché automne-hiver et été.

Modèles couture-à-porter des collections Koché automne-hiver et été.

A comme Afrique. Impressions d’Afrique Avec un peu d’imagination, avec quelques accessoires aussi, avec une allée et des palmes, la Sicile, c’est aussi l’Afrique. Il ne s’agit pas d’arpenter la ville. Ailleurs est ce qui arrive.

A as in Africa: Impressions of Africa With a bit of imagination and a few accessories, such as a path and some palms, Sicily can also be Africa. You don’t have to amble all over the city. Afar is what appears.

Christelle Kocher

Silhouette effilée du chai Château Les Carmes Haut-Brion conçu par Philippe Starck et Luc Arsène-Henry.

Sleek cellar at Château Les Carmes Haut-Brion, designed by Philippe Starck and Luc Arsène-Henry.

Chaque mois, une personnalité évoque son parcours et partage en images et en mots son lieu secret. Rendez-vous avec la créatrice de Koché et directrice artistique de Lemarié.

Enfant, Christelle Kocher dessine, adolescente, elle dévore des livres d’art contemporain. Plus tard, à sa sortie de la prestigieuse Central Saint Martins de Londres, elle connaît le luxe de choisir la maison où contribuer à la création. Ce sera Armani, Martine Sitbon, Chloé, Dries Van Noten… Milan, Paris, Anvers… Puis en 2010, les ateliers Lemarié lui confient le développement du flou (frère de la broderie et de la plumasserie maison). En 2015, elle lance Koché, sa propre marque, entrelaçant maille du streetwear – «le confort est primordial» –, art contemporain et virtuosité de la couture. Molleton de sweat-shirt et jersey de t-shirt s’affichent toutes paillettes et perles dehors ou se glissent en doublure, tel un secret. Mais le point de départ de Christelle Kocher est la forme ; son but, la silhouette, l’allure. Sans dessin préalable, elle travaille et drape les tissus sur son Stockman. Certaines figures féminines (Rei Kawakubo, Madeleine Vionnet, Louise Bourgeois, Patti Smith…) ne cessent de l’inspirer. Être une créatrice de mode n’est en effet pas anodin et ses clientes ont souvent une personnalité affirmée. Elle a installé son atelier dans l’est de Paris, tout en adorant New York pour son positivisme. Elle rêve d’une semaine de yoga au Kerala, mais s’envole pour Tokyo où ses collections enthousiasment. Dans son bureau, une planche de surf devenue banc voisine avec un portant abritant broderies précieuses et éléments de ses collections. Christelle jette des ponts entre les disciplines, mais garde la main au cœur de son métier.


«Le lieu dans lequel je me sens le mieux au monde est… l’île de Naoshima, “rencontrée” il y a trois ans, après en avoir énormément entendu parler. Elle se mérite. Depuis Tokyo, il faut en effet emprunter train, bateau et autobus avant de gagner son port de pêche. Elle combine tout ce que j’aime : l’art contemporain, l’Ando Museum, la nature et la contemplation. Regarder l’eau me ressource et l’art m’amène à la réflexion. Je me souviens de la découverte de Open Sky de Turrell, au coucher du soleil pendant seulement une heure. Je me souviens de la toute petite Teshima, l’île sur laquelle Boltanski a laissé dans une cabane en bord de plage Les Archives du cœur (battements enregistrés). Je me souviens que pendant trois jours, j’ai eu l’impression d’être seule au monde. J’ai adoré les dialogues entre la nature et les œuvres.»

© Fred & Mehdi pour Koché - Spela Kasal - Christelle Kocher

Michel Roux Jr

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