Créé en 1863, l’emblématique flacon Abeilles.

La chambre
aux parfums

Créé en 1863, l’emblématique flacon Abeilles.

Fontaines à parfum contenant les dix-huit jus les plus célèbres.

Fontaines à parfum contenant les dix-huit jus les plus célèbres.

Jean-Paul et Jacques Guerlain, dans le laboratoire maison.

Jean-Paul et Jacques Guerlain, dans le laboratoire maison.

Bibliothèque des fragrances Guerlain.

Bibliothèque des fragrances Guerlain.

Orgue à parfums digital, pour tester des matières premières. 

Orgue à parfums digital, pour tester des matières premières. 

C’est une boutique, presque un boudoir, que Guerlain vient d’inaugurer à Paris. Exclusivement dédié aux fragrances, cet antre fleuri réunit toutes les grandes émotions parfumées de la maison, de l’Heure Bleue à Habit Rouge.

Rue Saint-Honoré, au 392. Le genre de bitume qui sent Paris du soleil à la pluie, le trottoir comme collé aux vitrines, s’offrant aussi bien aux gens qui marchent vite qu’aux contemplatifs en papillonnade. Cette partie de la rue réussit chaque jour le grand écart, le mariage étonnant de ceux qui y vivent ou travaillent, et de ceux qui se trouvent là presque par hasard. C’est dans cet esprit de quartier que la maison Guerlain a choisi de s’immerger. On se remémore immédiatement l’autre grande adresse, celle des Champs-Élysées. Et l’on se figure que Guerlain a posé un jalon rue Saint-Honoré pour jouer ses gammes au-delà de la place de la Concorde. Que nenni. Cette fois, le parfumeur a décidé de se souvenir qu’il était avant tout parfumeur. À la manière de ces boutiques très chics qui ne vendent que des jus introuvables – ni ailleurs, ni dans le sillage d’un autre, Guerlain a réuni là tous ses parfums, ou presque, soit 105 créations. Y compris les légendes, y compris ceux que l’on avait un peu oubliés tant ils font partie de l’histoire.


On ne vient donc dans ce mouchoir de poche que pour sentir. D’ailleurs, la théâtralisation du lieu repose sur un diptyque éloquent : d’un côté, un orgue à parfums aux airs de bibliothèque, que l’on active en répondant à un questionnaire numérique. Au fil des réponses, on hume des mouillettes de céramique odorantes, pour se remémorer ce qu’est une teinte de rose, un trait de cuir, un soupçon d’iris. Le questionnaire vous conduit bien souvent à la découverte de fragrances sur lesquelles vous n’auriez jamais misé pour votre propre peau. «Il s’agit d’aller contre les idées reçues» résume Thierry Wasser, le parfumeur maison. Vous pensiez ne pas aimer la bergamote. La voici, pourtant, dans Promenade des Anglais. En vis-à-vis, une alcôve fait mine de mûrir des flacons telle une cave à vins, à 16°C et sous filtres anti-UV. On y choisit un parfum parmi dix-huit jus, la couleur de son flacon Abeilles, le cordon qui enserrera son col. On peut même faire graver l’ensemble d’un message ou d’un nom. Et choisir le papier de soie dans lequel envelopper cet instant… finalement très Guerlain.

213, rue Saint-Honoré, Paris www.colette.fr

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